Introduction sur le mahi mahi avec digression garantie
Pour commencer, sachez si vous l’ignorez que le nom familier de la splendide daurade ou dorade coryphène est mahi mahi. Les gens qui ne savent pas prononcer les « h » expirés disent Maille-maille, ce qui a mon sens est moins joli mais qu’y peut-on ? La dernière fois, j’avais parlé pas très gentiment de vulgarité et Renaud contre lequel je n’ai rien d’ailleurs, seulement les visites ont baissé de 50 %. J’en conclus que causer de Renaud, c’est chiant. Ou alors que la moitié de mes visiteuses/eurs est composée de loubard(e)s en perfecto skaï avec le bandana rouge au cou – genre communard des 80′s. Et pourtant, si je n’aime pas le vulgaire de sa façon, il a bien évolué en tant qu’homme. J’entends par là qu’il paraît plus réfléchi et qu’il a cessé la picole quand Gainsbourg s’est exhibé bien cuit jusqu’au bout se sachant ridicule sur la fin. Côté artiste, je maintiens ma comparaison mécanique : Renaud est une mobylette et Gainsbarre une Rolls. Il faut s’y faire. C’est comme le mahi mahi, il peut jouer les caméléons, faire du 50 noeuds et présente un dimorphisme sexuel. C’est comme ça.
Qui sont les Maya ?
Bon, parlons plutôt du mystérieux rapport et de certaines affinités qui existent entre le mahi mahi et les fameux calculs maya au sujet de la fin du monde, vous savez bien, avant décembre 2012. Voilà un sujet porteur qui devrait redorader mon blason. En effet, l’effondrement des cités mayas a suscité pléthore d’hypothèses. Pour résumer les faits, disons que la conjonction d’un écosystème négligé, d’une démographie galopante et de guerres intestines diarrhéiques les auraient conduits à leur perte. Exemple édifiant s’il en est pour notre époque.
Les Mayas furent de brillants architectes, mathématiciens vicésimaux et astronomes pointilleux, c’est pourquoi des petits malins – dans une intention sans doute plus bête que méchante – ont interprété leur calendrier de manière eschatologique. Pures foutaises, évidemment. Pour deux bonnes raisons, d’une part la conception temporelle des Maya est cyclique et d’autre part, ils ne croyaient pas à l’astrologie pour les choses sérieuses mais considéraient comme infaillibles les paroles de leurs haruspices.
Quel est le rapport entre le mahi mahi et les haruspices ?
Le voilà : les Mayas ne se contentaient pas de consommer le mahi-mahi des eaux caraïbes ou pacifiques en papillotes ou grillé, ils pratiquaient aussi la lecture divinatoire des entrailles et précisément celles de mahi mahi. Baignés dans l’haruspicine, ils prirent des décisions radicales concernant la conduite de leurs affaires, abandonnèrent leurs cités à la jungle et c’est ainsi qu’à cause d’un gros côlon de mahi mahi s’effondra la brillante civilisation maya.
L’exemple imparable du poulet sacré
Je vois poindre l’esquisse du sourire narquois de mon lectorat à cette annonce fascinante et il est heureux que personne n’ose commenter impudemment mes articles car cela me titille le sarcasme.
Bref, aux objecteurs de toute plume qui s’aviseraient de se gausser de mon hypothèse personnelle, je rappellerai que la déclaration d’une guerre, la nomination d’un consul ou la dérivation du Tibre dépendaient en grande partie de l’appétit des poulets sacrés chez les Romains. Voyez-vous, tout le monde connaît les oies du capitole, seuls les initié(e)s goûtent la saveur du poulet sacré. Les Romains – qui n’ont pas soudainement disparu, on le sait – accordaient éventuellement leur confiance aux aruspices à l’instar des Mayas (oui, on peut écrire haruspice sans le « h ») mais ils étaient de tendance ornithomancienne sous l’influence étrusque : ils baillaient donc leur confiance aux corneilles et autres volatiles.
D’où il appert que si le Romain voyait dans la tripe aviaire un message divin, le Maya ordinaire avait le droit de penser la même chose du poisson et fonder ses choix sur la couleur du boyau de mahi mahi. Supposons que vous pensiez le contraire : vous passeriez pour moins tolérant qu’un taliban, plus crasse qu’un Caliban, plus vain qu’un millénariste. D’ailleurs, les Maya pensaient qu’on ne pouvait atteindre le domaine des oiseaux que par la fumée d’un papier imbibé de leur propre sang. Donc, si vous m’en croyez, mignonne, admettons cet aspect des événements jusque là inédit : La chute des cités maya est le fruit des entrailles de mahi mahi.
Une vérité longtemps cachée ?
Mais certainement ! D’emblée, le clergé européen a détruit tous les livres excepté les quatre célébrissimes codex sur écorce de figuier. Or l’écriture maya naît au XXIIIe siècle avant Terry Gilliam. Pensez donc qu’ils eurent vraisemblablement de vastes bibliothèques du temps de leur splendeur au IXe siècle après Jésus Christ. Et puis, ce qui nous reste est mince et pétrifié au sens étymologique, seulement décodé à 80% (car – pour ceux qui s’intéressent à la question – leur système est mixte, logographique et phonétique pour composer 800 glyphes mais d’alphabet point).
Que s’est-il réellement passé avec le mahi mahi ?
Un truc épouvantable, on peut le dire. Un malheureux haruspice maya dont le nom est tu par l’histoire magnanime fut frappé d’horreur un beau matin en lisant son mahi mahi. Il y était écrit sang sur viscères qu’un citadin d’une des nombreuses cités maya déclencherait inéluctablement en 2012 après Kukulkan l’apocalypse totale et irréversible. le cauchemar maya. Et précisément, on était en 2012 après Kukulkan. Les autorités ne parvinrent pas à juguler la rumeur. Qui aurait pu vivre entre les murs de pierre avec une telle idée en tête ? En quelques mois, les maya quittèrent les villes pour s’établir dans une maison de campagne. Hélas, les promoteurs immobiliers de l’époque devant l’afflux des clients perdirent leurs derniers scrupules en même temps que les commandes de pyramides. En quelques années, les résidences secondaires devenues principales s’écroulèrent sans laisser de traces et les Maya, accablés par tant de malheurs, trop humiliés pour construire des cabanes, s’enfuirent honteusement au fond des marais. On ne les revit jamais. Voilà tout.
Cette histoire est-elle véridique ?
Rome n’est plus dans Rome, les oeuvres de Molière sont de Corneille, les maya habitent aujourd’hui avec la créature des marais, personne ne vous oblige à me croire mais comme toujours sur internet, vous pouvez comparer les informations, consulter les articles Wikipedia sur le mahi mahi, la civilisation maya et les poulets sacrés pour recouper, au pire, vous apprendrez des choses… Mais je l’avoue, si vous parvenez aux mêmes conclusions que les miennes, je vous saurai gré de partager vos renseignements pour me rassurer. Merci de votre attention.









