Renaud, chanteur populaire

Renaud est-il un chanteur populaire ?

Je n’aime pas le populaire – grand bien me fasse – et donc je n’aime pas Renaud, son accent gouailleur seconde nature, ses pets de révolte permanente et sa mièvrerie sentimentale. Voilà, ça, c’est fait. On enfonce le clou ? L’humour de Renaud n’échappe pas à cette pesanteur grossière qui caractérise le loubard pourtant fluet.

mobylette de Renaud
Quelle est la meilleure chanson de Renaud ?

Après ce qu’on vient de lire, on se doute que le choix est difficile. Si, Si, Renaud a bien écrit quelques chansons qui ont le malheur de ma plaire : Les aventures de Gérard Lambert 1 & 2, la pépette – une histoire d’auto-tamponneuse populaire – et une dernière.

Eh oui, pour Lambert et la pépette, je vous laisse chercher mais la dernière dont j’ignore le titre d’ailleurs, la voici ci-dessous. Elle est très rigolote.

Dis-moi, Renaud, d’abord pourquoi ?

Y-a-t’il un chanteur français meilleur que Renaud ?

Il y en a des tonnes. Pour ma part, je révère Gainsbourg. Faisons la comparaison : Si Renaud est une motobécane biplace à guidon torsadé des 70′s alors Gainsbourg est une Rolls Royce SilverGhost de 1910. On notera un point commun : Renaud Séchan aimait la picole. Si je ne l’ai placé dans les alcooliques célèbres, vous savez maintenant pourquoi. Merci de votre attention.

silver ghost de 1910. Pour Gainsbourg, pas pour Renaud...

PS : Il faudrait que je parle du génial Jacques Higelin (inférieur selon moi à Gainsbourg mais qui plane loin au-dessus de Renaud). Tant qu’on y est, j’adresse mes meilleurs voeux posthumes à feu Alain Bashung.

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Gainsbourg et Monfreid

Deux de mes héros, Serge Gainsbourg et Henry de Monfreid dont j’ignorais qu’ils eussent été réunis par la télé des années soixante pour la promotion d’une chanson de France Gall composée par le beau Serge. Je n’ai conservé de ce document de l’INA que le préambule… pardon, pardon.


La version complète de l’INA :

La rencontre est bidonnante avec un Gainsbourg goguenard et un de Monfreid revenu de tout. La dentition sarcastique de Gainsbourg à la journaliste invisible et le bougonnement du vieillard grandiose : un grand moment. Je reparlerai de ce grand bonhomme que fut Henry de Monfreid. Quant à Gainsbourg, je n’ose écrire sur le maître…

Merci de votre attention.

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La pochtronnitude


Avertissement : L’article qui suit appartient au registre de l’humour exécrable qui caractérise ce blog. Je n’aimerais pas que l’on me fît un mauvais procès. La pochtronnitude est une maladie grave qui fait souffrir l’entourage et conduit inéluctablement à une mort prématurée. Voici le processus exposé en ligne claire.


le Capitaine Haddock se donne de bonnes raison pour boire

Préambule

Linguistiquement, Léon Gontran-Damas, Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire, tous trois chantres de la Négritude, ont ouvert la voie royale à quiconque prétend forger un nouveau concept. Ségolène ne s’y est pas trompetée qui aurait été ridicule en usant d’un suffixe en « -isme ». En effet, au-delà d’un simple mécanisme de substantivation, les mots marqués par le suffixe en « -itude » font un amalgame ingénieux entre le radical d’origine et l’attitude, mot-valise élevant qui s’en prévaut au statut de modèle.

Position, posture, style de vie, oui, mais issus d’une réflexion, d’une démarche personnelle dont le fondement est un parti-pris existentiel. Prenons, par exemple, le mot « tafiole ». A cette injure basse témoignant de la précarité intellectuelle de l’imprécateur, et concernant une préférence sexuelle des plus anodines, répond le choix philosophique qui s’exprime de la sorte : « Peuh, moi, Môssieu, je ne suis pas une simple tafiole, je suis un penseur de la tafiolitude, moi, et va te faire enculer, pauvre bite ! »


le cru des marais

Nous allons créer pour notre compte, ici, maintenant et par le présent article, la notion de  « Pochtronnitude », en espérant que – sous cette bannière – défileront avec orgueil tous nos Frères – & Sœurs – de la surface du globe, y compris ceux, ou celles, qui se cachent dans les coins, pour rêver un monde meilleur où les pochtrons ont enfin leur vraie place.


Les Prédécesseurs ?


Deux versants s’offrent à nous. Tout d’abord, celui des humains, trop humains, « pochtrons célèbres » qui viennent à leur corps défendant étayer notre projet. On peut citer tout à trac et sans prétention à l’exhaustivité ni souci chronologique ou alphabétique : Socrate, Alcibiade, Antoine Blondin, Alain Bashung, Gustave Le Rouge, Charles Bukowski , Paul Verlaine, Jacques Villeret, Michel Leiris, Jack London, Philippe Léotard, Joe-le-Cocker, Marguerite Duras, Michel Simon, HK alias GLB, Romain Gary, Edgar Allan Poe, le Capitaine Haddock ou son créateur (on ne sait plus très bien), Serge Gainsbourg, Ernest Hemingway, Jean Carmet, Jim Morrisson. Et aussi, Wolfgang Amadeus et Carlos, le fils à Françoise Dolto. Mais ce dernier fumait de l’herbe par ailleurs, ce qui le range dans la cannabitude – à ce sujet, ce terme incongru est à même de réaliser une symbiose magnifique : fumeur de cannabis et consommateur de rhum agricole pur canne. Par ailleurs, nous n’avons pas cité Scott Fitzgerald qui, selon ses fans, ressortit plutôt de la tafiolitude, on ne peut pas tout mélanger.

Serge Gainsbourg boit et fume

L’autre versant, c’est ce qu’on trouve sur le ouèbe en guise de mention. Deux Résultats seulement pour « pochtron(n)itude » sur google : Un gars qui parle sur un forum accessible uniquement aux inscrits d’un ministre nommé baloo ou quelque chose comme ça et un groupe d’ados qui rigolent bien avec une caméra. Citons-les au passage : http://www.pochtronunited.fr/


Manifeste


Bon, allons-y. La « Pochtronnitude » est une conscience de soi, en soi et pour soi, à l’aide d’une bouteille, en essayant de ne pas faire trop chier les autres. Si vous voulez rallier notre panache goupil, vous devez admettre que vous recherchez l’ébriété accentuée avec une fréquence respectable, ne tombez pas quand même dans la mathémattitude car quand on aime, on ne compte pas. Et surtout pas de faux-fuyant : Vous devez également avoir l’élégance de le reconnaître sans qu’on ait à vous le faire remarquer lorsque vous versez dans l’ivrognitude : « - Chéri, tu bois trop ! – Ça commence !». Vous devez être lucide ! Bannissez de votre discours toute forme d’échappatoire : « J’arrête quand je veux – je n’ai rien bu, pas ça – je ne bois pas trop, je bois assez – allez, juste un petit coup ». Car, la Pochtronnitude est un Art de Survivre et une Fierté même dans l’inconfort. Partons du principe énoncé, ci-dessous, par Michel Audiard d’après Blondin : « - Ah parce que tu mélanges tout ça, toi ! Mon espagnol, comme tu dis, et le père Bardasse. Les Grands Ducs et les boit-sans-soif.
- Les grands ducs?!
- Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu’ont toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges ! » Un singe en hiver – propos de Jean Gabin alias Albert Quentin-sa-tonkinoise. »

Un singe en hiver : Gabon et Belmondo se comprennent


Les règles de vie de l’honnête pochtron


Ce qui nous amène à définir quelques contingences en vue d’une adhésion pleine et entière à l’idéal de la Pochtronnitude, auxquelles il conviendra de souscrire sous peine d’être taxé(e) de déviationnitude  et surtout de renoncer à ce qui s’énonce comme la conduite recommandée à qui se targuerait d’être « honnête pochtron » :

  • Ce que tu bois, même en quantité déraisonnable, bois-le bien.
  • Préfère la qualité quand tu peux, si tu peux, enfin, bon, fais ce que tu pourras.
  • Quand tu es ivre, ne sois jamais triste et, si tel était le cas, reste dans ton coin.
  • Si tu es en manque, n’hésite pas à chercher ton bonheur, c’est légal ! La vente d’alcool est libre. Renseigne-toi sur les horaires d’ouverture.
  • Tu peux boire tant que tu veux mais cela implique que tu ne nuises à personne, c’est ta Fierté : ne conduis pas. N’utilise pas de tronçonneuse et ne te prends pas de querelle avec quiconque, familier ou étranger.
  • Quand tu vomis tes tripes, pense à tes amis de la pochtronnitude : Ça soulage, tu n’es pas seul. Statistiquement, 12 554 amis gerbent en même temps que toi à moins de mille kilomètres.
  • « Qui boit sans soif vomit sans effort ». C’est connu. Encore faut-il avoir mangé, tu verras à l’usage, c’est mieux.
  • Au moment où tu constates que tu as très mal à la tête le lendemain, réjouis-toi de ce que tu sais pourquoi. (Citation inspirée de El Pop, qui disait également : « Oh bah, le whisky, c’est mieux… Avec la bière, t’es obligé d’aller pisser toutes les cinq minutes. »)
  • Si tu penses que tu vas enfin réussir à cuire complètement ton cerveau : tu es sur le chemin de la vérité.

le Capitaine Haddock s'instruit

Une imitation fervente de la déclaration de Césaire jette la base de la pochtronnitude. Il  suffit de remplacer « noir » par « pochtron » et voilà tout (comme disait Monfreid).  « La Pochtronnitude est la simple reconnaissance du fait d’être pochtron, et l’acceptation, de ce fait, de notre Destin de Pochtron, de notre Histoire et de notre Culture. »

Je propose donc que toutes celles et ceux qui tremblent d’émotion, ou du palu de comptoir, puissent, avec nous, soutenir la grande promulgation de nos intentions à l’échelle planétaire :

Si tous les Pochtrons du monde voulaient bien lever le coude en harmonie…

Pochtronnes, Pochtrons, réclamons le RESPECT qui nous est dû ! C’est vrai, quoi ?

Pochtronnes, Pochtrons de tous les pays, unissons-nous !

On se met minable, d’accord. Mais nous ne sommes pas plus ridicules que les lépreux, les SDF, les lesbiennes, les sans-papiers ou les sarkozistes. Nous avons le DROIT d’être reconnu(e)s et, si nous sommes breton(ne)s, nous pourrons toujours alléguer une spécificité folklorique héréditaire ou alors on se débrouillera.


La Pochtronnitude ethnocentrée à travers les âges


Point de nécessité à recenser les multiples allusions au pinard de l’ancien Testament ou de textes plus anciens, elles sont apparentées au comique dit de répétition, je suppose. Il n’est pas question non plus de rendre compte de l’Antiquité grecque hormis Dyonysos et avec lui, tout ce qu’en dit Nietzsche. Parlerons-nous de Bacchus et des Patriciens banquetant qui caressent la rotondité d’une grappe ou d’un sein puis de saisir le cratère pour s’abreuver goulument en versant sur la toge à une époque où la machine à laver n’existait pas ? Pas davantage.

Bacchus enfant

Exception incontournable, Jésus Christ Super Star qui transforme l’eau en vin. Oui, vous avez bien lu. A ce titre, le « Fils de l’Homme » méritait l’ovation dont l’écho s’entend encore par-delà les millénaires jusque dans les espaces infinis, comme vous le dira n’importe quel radio-astronome.

Sombre haut Moyen-Âge où l’on se pochtronne en Occident Chrétien sans avoir les moyens de le clamer sinon en assemblée et buvant dans le crâne des ennemis. Ce ne sont guère que les poèmes surgis en terre musulmane ou lointaine, du Moghreb aux Indes jusqu’en Chine, qui permettent d’imaginer l’engouement pour le vin de palme, le Raki ou le Sake, c’est selon.

Début du bas Moyen-Âge, qui sont les « Héraults du Picrate » ? Ils sont légion. Je ferai bien une recherche sur internet qui serait plus sûre que ma mémoire à ce sujet (mais je ne vais pas faire tout le boulot non plus). Quel dommage que je sois ignorant et oublieux. En tout cas, il est certain que nos Joinville, Villon, Rutebeuf en pinçaient pour la bibine.

Renaissance : Maître Alcofribas perce les siècles pour nous avertir : « A vous, buveurs très illustres… [& no comment] » jusqu’à la révélation finale de la dive bouteille que chacun sait. Relisez vos classiques et pour ceux qui ont la vision trouble, ce n’est pas grave, le message est sous forme de calligramme pour les analphabètes. Allons-nous négliger cette parole d’évangile humanisto-pochtronnante ? Non, bien sûr que non. Et nous ne renierons pas non plus les injonctions des Papes hérétiques qui proclamaient d’Avignon : « Bonum Vinum Laetificat Cor Hominis » ce qui signifie à peu près « Si le vin est bon, alors – et uniquement à cette condition –  il réjouit le cœur de l’homme ». À quoi bon être pape si c’est pour boire de la piquette, en effet.

la dive bouteille de Rabelais


Conclusion


Venez soutenir un Frère, visitez le blog de la Créature des Marais…en sirotant ce que vous préférez et, chemin faisant, posez un renard.

Merci de votre attention et à la vôtre.

Haddock chez le Seigneur de Oliveira

Le médecin malgré lui, I, v, Molière

SGANARELLE  : La, la, la… Ma foi, c’est assez travaillé pour un coup. Prenons un peu d’haleine.
Il boit, et dit après avoir bu :

Voilà du bois qui est salé comme tous les diables.
Qu’ils sont doux,

Bouteille jolie,
Qu’ils sont doux,
Vos petits glou-gloux!
Mais mon sort feroit bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie.
Ah! bouteille, ma mie,
Pourquoi vous vuidez-vous?
Allons, morbleu! il ne faut point engendrer de mélancolie.

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