La dernière fois, j’ai donné une recette pour toutes celles et ceux qui ont les ongles incarnés, donc, ça, c’est fait. J’ai rendu un service inestimable à l’humanité souffrante et maintenant je peux redébloguer… Une occasion de plus de vérifier que mon humour est de plus en plus larvaire. J’ignore si le fait d’être né entre un marais catholique et une Brière quasi-démoniaque conditionne mon crétinisme congénital ou bien le croisement avec les moustiques, peut-être. En tout cas, je prie les fans de Moïse de ne pas s’offusquer nonobstant que je me gausse d’un de ses hypothétiques descendants. La question n’est pas là.

Et puis, tiens, je profite d’être multi-thématique chez wikio pour enchaîner sans crainte du coq à l’âne ou inversement. Par conséquent, vous pouvez quitter cette page, grosses bises et à bientôt. A celles et ceux qui poursuivent cette lecture, je signale que c’est bien gentil de votre part. En fait, sous couvert de Moïse, je voulais causer de la situation de l’éducation nationale au Zimbabwe, l’un des pays – comme chacun sait – les mieux gérés au monde. L’état ne peut plus payer qu’une partie du salaire des enseignants depuis 2 ans, et les recettes diamantaires étant certainement allouées à d’autres priorités, c’est la population qui est mise à contribution. C’est une population de parents d’élèves, en majorité pauvre et illettrée, qui se révolte, ces derniers temps, parce qu’elle ne peut plus s’acquitter des 2 $ mensuels. Elle a peur que les enseignants dont le salaire déjà piètre est amputé par l’absence de manne familiale ne deviennent négligents quant à leurs enfants… Les établissements privés non-conventionnés – parfois fantômes – se multiplient… L’état en ferme beaucoup, cela ne suffit pas. Bref, un modèle du genre pour dégommer un service public.
Nous pouvons nous réjouir – nous autres, Français – d’être comptables, lettrés, éclairés même depuis le XVIIIe, empreints d’égalité sociale et soucieux de notre bon droit d’avoir une éducation solide garantie par l’état pour devenir d’honnêtes citoyens : Si on nous proposait, pourquoi pas, que les enseignants soient désormais embauchés par des chefs d’établissements locaux, histoire d’imiter un peu l’entreprise artisanale, pour voir si la France ne serait pas par hasard le pays du XIIIe siècle ? Doit-on croire que ce système de recrutement « à la bouille » soit plus objectif qu’un traitement national informatisé des affectations ? Le ministre en sait sûrement plus long que nous – il connaît ses tables, au fait ? – mais j’imagine déjà le scénario : De vieux profs exténués ne trouvant plus de travail que dans les établissements classés sensibles, accablés par les heures supplémentaires, l’eczéma chronique et la tyrannie d’un petit chef, sous les lazzi d’adolescents haineux. Sur ce coup-là, ce devrait être extrêmement facile de faire oublier les scores mesquins de suicidés chez France Telecom.
Tiens, ça me rappelle François Fillon s’exclamant avec une conviction mauvaise au sujet des fonctionnaires, corps auquel il appartient ipso facto en tant que premier ministre : « Vous vous rendez compte que ces gens-là ont un emploi à vie, à vie ! » Oui, François Fillon en est le chef, donc il crache dans la soupe. Notez que je ne me fais pas de souci pour le prochain emploi de ce politique qui crache dans la soupe populaire puisqu’il n’y boira jamais, la soupe est meilleure à l’hôtel. Et ça vient donner des leçons en mimant la mentalité petit-commerçant, détournant sinistrement les échos d’un Jacques Brel ? Tsss. Du mauvais théâtre, comme en jugerait sûrement mon ami, le poisson pané, qui n’a rien à voir avec tout cela mais qui s’y connaît en théâtre.
Les cités naissantes, sachant penser, compter et lire, voici quelques millénaires, se dotèrent par force d’une administration et donc d’écoles. Je ne défends pas les défauts inhérents à tout système qui emploie des fonctionnaires – à vie ou non – car la bureaucratie est criminogène, c’est vrai, mais je dis en revanche qu’une éducation nationale, gratuite et de qualité, est prestigieuse et signe du génie d’une nation parce qu’elle offre une certaine chance aux défavorisés de se hisser aux plus hauts postes, ce qui est raisonnable. Cela évite les révolutions et tout un tintouin.
De toute façon, les jeunes qui se sentent encore la fibre enseignante ont prévu que l’état français veut liquider le mammouth et ils ont pris les devants : *Pour la première fois dans l’histoire de l’éducation nationale française, il y a eu plus de candidats admis aux concours nationaux dans le privé que dans le public, c’est un choix du candidat . L’argent fera bien le bonheur des pauvres, convenons-en et merci de votre attention. La prochaine fois, nous ferons une amusante comparaison entre les systèmes de santé de la France et des Fidji.
*Info de Rico, merci Rico.